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 le mariage autrefois

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olib
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MessageSujet: le mariage autrefois   Lun 9 Fév - 13:23

Autrefois, c’était rarement les jeunes gens qui se demandaient mutuellement en mariage. Affaire sérieuse, arrangée entre les familles, les demandes se faisaient entre les parents, parfois par le truchement d’un entremetteur.
Deviner avant de demander
En général, on ne fait sa demande que si l’on pense qu’elle a des chances d’être agréée. Pas question de perdre la face. D’ailleurs, on aborde rarement la question de but en blanc : on rend ce qu’on pourrait appeler apparemment une “ visite de courtoisie ” et ce sont des petits gestes des hôtes, des attentions diverses selon les régions, qui vont faire deviner si la réponse peut être favorable. Si l’on s’oriente vers un non, la demande en mariage n’est alors même pas formulée : la visite s’achève, on se salue et l’on se quitte bons amis puisque personne n’a reçu officiellement l’affront d’un refus !

Des gestes pour dire non
Pour dire non dans le Dauphiné, le Berry, la Bourgogne ou la Bretagne par exemple, on enlève les tisons du foyer ou bien on tourne vers le visiteur leur bout éteint. Dans le Berry ou en Gascogne, si la jeune fille et sa mère offrent des noix, c’est qu’elles signifient leur refus. Proposer une omelette ou des œufs durs dans le Berry a le même sens, comme en Bretagne la proposition d’une bouillie grumeleuse...

Des gestes pour dire oui
Le même genre de petits gestes permet d’assurer au visiteur que sa demande sera favorablement reçue et qu’il peut donc la dire. En Auvergne par exemple, si la jeune fille ou sa mère se mettent à battre une omelette et à en proposer, on sait que la demande va être acceptée. Dans le Berry, il est de bon augure que la jeune fille glisse une pomme à cuire sous la cendre. Si la future belle-mère demande qu’on l’aide à tenir la poêle lors de la préparation du repas, c’est également bon signe. Dans le Dauphiné, le Berry, la Bourgogne ou la Bretagne, attiser le foyer ou écarter les tisons équivaut acceptation. Des crêpes ou du beurre salé servis à l’invité en Bretagne ont le même sens favorable.
Les accordailles officielles
Dès qu’on est d’accord, les familles abordent les questions de date, d’invités, de dot, de trousseau, de contrat… Huit mariages sur dix autrefois faisaient l’objet d’un contrat de mariage contre deux sur dix aujourd’hui.
Peu romantique mais indispensable dans une société où l’on manquait souvent de l’essentiel. On y détaillait par le menu les apports de chacun, les dates de paiement de la dot si elle était en numéraire (car l’argent était bien rare dans les campagnes), la répartition des biens à venir entre les enfants et le conjoint survivant en cas de décès, jusqu’à l’hébergement par les jeunes gens “ à pot et à feu ” de leurs parents ou beaux-parents dans leur grand âge. En revanche, les promis sont désormais surveillés bien davantage : l’interdiction de dormir sous le même toit avant le mariage était appliquée partout avec vigueur !

Les mariages arrangés
“Une entrevue a lieu dans un cabaret du bourg voisin, raconte un Breton vers 1830 Le jeune homme et la jeune fille y assistent, mais ce sont les pères seuls qui décident. Après avoir préalablement bu quelques rasades, on s’occupe de l’objet de la réunion, et comme le mariage est devenu un simple marché, il ne faut pour le décider guère plus de paroles que pour la vente d’un cheval ou l’achat d’une paire de bœufs. Quand les chefs des deux familles se sont frappés la main, la séance est levée ; les deux accordés qui peut-être ne s’étaient jamais vus et ne se sont pas dit quatre mots pendant la discussion qui vient de décider de leur sort, suivent leurs parents à la mairie et à la sacristie, afin d’y arrêter les fiançailles…”
Des mariages arrangés, il y en eut jusqu’à l’Entre-Deux-Guerres. Parfois négociés moins brutalement que celui-ci : les deux familles qui s’étaient mises d’accord forçaient à l’alliance par des allusions, des sous-entendus, des compliments forcés, de fausses rumeurs… et finissaient par unir deux jeunes gens qui n’avaient pas spécialement d’inclination l’un pour l’autre.
Cela restait rare, contrairement à ce qui se pratiquait dans la noblesse, car la jeunesse des campagnes avait des occasions de rencontres et pouvait tenter d’infléchir les parents dans le sens que leur dictait leur cœur.
Aujourd’hui, la société a profondément changé. Les jeunes gens, très indépendants, s’affirment mutuellement leur amour, souvent bien avant que les parents ne l’apprennent. Et la demande en mariage, si elle a lieu, se chuchote directement entre les amoureux…

Texte : Marie-Odile Mergnac
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